rock&dolls addict

2011-05-13

the scarecrow


dear lisette

mea culpa, i should write you sooner but as you'll see, we've been very busy.

i quote from the beginning. so i was on the deck writing you and mum was on an armchair, she watched the apple trees. there are lots all around the house. and the farmer put a scarecrow to freight the naughty blackbird.

every night, mum looked at this scarecrow.
i thought he was normal: his head did no thinking, his arms didn't move except then the wind cut up, aso.

but mum said it was special, moving, looking like a little girl with her ​​blue dress and her large eyes.
and the other night, can you imagine that: the scarecrow started talking. 

at first, it was like the sound of a gentle wind in the leaves. then we've understood some words. she was talking!

mum motioned me to stay and she approached very gently, speaking to her. then the scarecrow made something crazy, she came close to mum. awkward step, then another step, then she jumped into mum's arms, begging "please, take me with you. i'm born with seeding, i don't want to die with harvest. "

i still didn't move, but i thought at full speed. my heart was pounding. she was very dirty, but so cute.
when mum came back with her in her arms, she shaked with joy. 

she has a tiny sharp voice. mum called abigail because she says all the time "bibi" and she smiles.
we gave her a bath and sewed new clothes. mum says that now she has two little wonderful daughters ...

i don't have any picture of my bibi in her new dress because we left america the day after: mummy was afraid of being accused for the theft of a scarecrow. we're on the run.

I don't know where we are going. Give me some news.

xxx
yoko
 
ma chère lisette

mea culpa, j'aurais dû t'écrire plus tôt, mais comme tu vas le voir, nous avons été bien occupées.

je reprends du début. j'étais donc sur le deck en train de t'écrire et maman était sur un fauteuil, elle regardait les pommiers. il y en a tout autour de la maison. et le fermier a mis un épouvantail pour faire peur au méchant merle.

tous les soirs, maman regardait cet épouvantail. 
moi je le trouvais normal : une tête qui ne peut pas penser, des bras qui ne bougent que quand le vent les secoue, etc.

mais maman le trouvait spécial, émouvant, disait-elle, comme une petite fille avec sa robe bleue et ses grands yeux.

et l'autre soir, figure-toi, que l'épouvantail s'est mise à parler. au début c'était comme le bruit d'un vent doux dans les feuilles. puis on a compris des mots. elle parlait en vrai!

alors maman m'a fait signe de rester et elle s'est approchée, tout doucement, en lui parlant. alors l'épouvantail a fait un truc dingue, elle s'est rapprochée de maman. un pas maladroit, puis un autre pas, puis elle s'est jetée sur elle en suppliant "s'il vous plaît, emmenez-moi avec vous, je suis née avec les semailles, je ne veux pas mourir avec les moissons".

je ne bougeais toujours pas, mais tu comprends bien que je pensais à toute vitesse. mon cœur battait très fort. elle était sale comme un peigne, mais tellement mignonne.

quand maman est revenue avec elle dans les bras, elle tremblait de joie. elle a une toute petite voix pointue. maman l'appelle abigaïl car elle dit tout le temps "bibi" en tendant les bras. 

on lui a donné un bain, coiffé ses cheveux et cousu des habits neufs. maman dit que maintenant elle a deux merveilleuses petites filles…

je n'ai pas de photos d'elle dans sa nouvelle robe car on a quitté l'amérique le lendemain: maman avait peur d'être accusée de vol d'épouvantail.
on est en cavale.

je ne sais pas où l'on va. donne-moi de tes nouvelles.

je t'embrasse

yoko

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